Publié le 12/02/2018

Fréquence Grenouille 2018 : lancement officiel en Provence-Alpes-Côte d'Azur

Le Conservatoire d'espaces naturels de Provence-Alpes-Côte d'Azur accueille le lancement officiel de cette 24e édition Fréquence Grenouille  le jeudi 1er mars 2018 à l'Etang salé de Courthézon dans le Vaucluse (84).

14h00 : Visite de terrain à la découverte de l’Etang salé de Courthézon (espace naturel sensible du Vaucluse) animée par le Conservatoire d’espaces naturels de Provence-Alpes-Côte d’Azur

15h30 : Retour en images sur les travaux de restauration et de la valorisation de l’Etang  par le Conservatoire d’espaces naturels de Provence-Alpes-Côte d’Azur, la Communauté de Communes du Pays Réuni d’Orange, le Conseil départemental du Vaucluse et l’Agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse.
Présentation du prieuré de l’Oratoire (situé sur le site de l’Etang salé), dans une salle mise à disposition par la Maison Ogier

16h00 : Discours du lancement officiel de l’opération Fréquence Grenouille

16h30 : Inauguration de l’exposition « Zones humides » élaborée par le Conservatoire d’espaces naturels de Provence-Alpes-Côte d’Azur avec le soutien financier de l’Agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse (10 panneaux bâchés illustrant diversité, fonctions et services rendus, menaces et actions).

Verre de l’amitié

Carton d'invitation au lancement  du jeudi 1er mars 2018


Etang salé de Courthézon © Gilles Blanc - CEN PACA

 

L'ETANG SALE DE COURTHEZON : un exemple de concertation réussi

            

Carte d’identité de l’Etang salé

Au cœur du célèbre vignoble de Châteauneuf-du-Pape, l’Etang salé de Courthézon est un espace naturel sensible de Vaucluse, propriété de la commune de Courthézon et géré par la Communauté de communes du Pays Réuni d’Orange depuis le 1er janvier 2018. Les suivis naturalistes et la gestion des milieux est assurée par le Conservatoire d’espaces naturels de Provence-Alpes-Côte d’Azur  depuis 2003. Ce site bénéficie d’une protection réglementaire depuis 2013 (classement en Arrêté préfectoral de protection de biotope).
Etang salé de Courthézon © Gilles Blanc - CEN PACA

Nouvelle vie pour l’Etang salé

D’abord exploité pour son sel au Moyen-âge -  une activité peu rentable - l’Etang salé de Courthézon a été mis en culture (fourragère principalement) après drainage au 19e siècle. C’est l’effondrement accidentel de la principale galerie de drainage en 2001 qui a conduit à sa remise en eau. La nature n’a pas tardé à reprendre ses droits. Consciente de la rareté de cet écosystème en Vaucluse, la commune de Courthézon et ses partenaires (dont le Conservatoire d'espaces naturels de PACA) ont engagé des travaux de restauration en 2010 permettant d'améliorer le fonctionnement hydrologique et biologique de la zone humide ainsi que sa mise en valeur paysagère et pédagogique.
Etang salé de Courthézon © Gilles Blanc - CEN PACA

Le rôle de cette zone humide

L'étang salé est constitué d'une dépression naturelle, alimentée uniquement par le ruissellement et les eaux de pluie. Il assure naturellement un rôle de bassin de rétention des eaux de pluies. C'est un réservoir de biodiversité accueillant une avifaune nicheuse et reproductrice spécifique, des amphibiens et tout un cortège d'espèces animales et végétales associées à la présence d'une zone humide.

Cabane d'observation à l'étang salé de Courthézon © David Tatin - CEN PACA

Sentier - ponton de bois à l'étang salé de Courthézon © Pierre Garaud réalisation

Faune, flore et habitat

                                         

L'espèce végétale qui prédomine sur l’Etang salé est le roseau, ou phragmite, qui constituent une roselière d'une quinzaine d'hectares. Le site accueille tout un cortège d'oiseaux associé aux roselières et aux zones humides dont les espèces nicheuses les plus emblématiques sont : le Blongios nain (le plus petit héron d'Europe), les Rousserolles turdoïde et effarvatte. La proximité du couloir de migration constituée par le Rhône n'est pas étrangère à la richesse du site, l'étang est utilisé comme lieu de halte migratoire (repos et nourriture) par de nombreux oiseaux.
Rousserolle turdoïde © Julien Renet - CEN PACA

La zone humide est riche de 7 espèces d’amphibiens, dont la plus grande population de Crapaud calamite connue en Vaucluse. Hôtes discrets de l'étang, on peut observer ce cortège d’amphibiens par centaine (si les conditions sont favorables, de nuit et par temps de pluie) lorsqu'ils rejoignent la zone en eau en période de reproduction. Crapaud calamite © Gilles Blanc - CEN PACA

                                             
                                                   

Le cortège d’insectes en présence sur l’Etang salé révèle une spécificité liée au fonctionnement hydraulique particulier des milieux humides temporaires méditerranéens. Les espèces les plus communément observées sont les libellules, dont les larves se développent dans l'eau. Le Sympetrum rouge sang et la libellule à 4 tâches sont très fréquents. A noter également la découverte récente du Criquet des roseaux, orthoptère très rarement observé en Vaucluse.
Crocothemis erythrea ©  David Tatin - CEN PACA

L'ensemble des habitats présents constituent une mosaïque favorable à la biodiversité : les zones ouvertes de type prairies, tout comme les zones boisées (peupliers blancs, ormes) sont autant de repaires pour une faune variée. Aux alentours, le milieu forestier et les lisières de cultures jouent un rôle similaire pour d'autres espèces. Falaise - guépier © Gilles Blanc - CEN PACA

La gestion du site

L’élaboration et la mise en œuvre du plan de gestion de l’Etang salé de Courthézon a été confiée au Conservatoire d'espaces naturels de Provence-Alpes-Côte d'Azur. Validé en concertation avec l'ensemble des partenaires (mairie de Courthézon, Conseil départemental de Vaucluse, Agence de l'eau Rhône Méditerranée Corse, Communauté de Communes du Pays Réuni d’Orange) et les acteurs locaux (éleveurs de chevaux, maison Ogier, office de tourisme), il voit l’intervention de chacun à différents niveaux. Cette gestion comprend trois grands axes :

  • Suivi scientifique – L’action principale porte sur le maintien de la fonctionnalité de la zone humide (suivi et gestion du niveau de l’eau) et la conservation de la biodiversité qui dont l’objet de suivis écologiques (oiseaux nicheurs et hivernants, reptiles amphibiens….). Le site participe à l’observatoire des zones humides sur le bassin Rhône Méditerranée Corse dans le cadre du programme RhoMéO.
  • Gestion des habitats naturels et des infrastructures - La roselière et les prairies humides aux alentours font l'objet d'un mode de gestion naturel et efficace : le pâturage équin a été rendu possible grâce à un partenariat avec les éleveurs de chevaux camarguais de Courthézon (Eldin, Langarel et Guibert). Il est complété par un faucardage annuel.
  • Accueil du public et sensibilisation à l’environnement - Les infrastructures en place (tables de pique-nique, toilette sèche, fontaine, parkings...) et le sentier pédagogique confèrent un accueil de qualité au public. Des actions spécifiques de sensibilisation et d'éducation à l'environnement ont été développées sur le site en tenant compte de la capacité d’accueil du milieu.

Chevaux sur le site de l'étang salé de Courthézon © Gilles Blanc - CEN PACA