Publié le 19/07/2019

MhéO

Evaluer l'évolution des Milieux Humides

Boîte à outils nationale MhéO

Contribuer à la connaissance des Milieux Humides

Le projet MhéO coordonné par la Fédération des Conservatoires d’espaces naturels porte sur le partage et l’harmonisation des suivis et de l’évaluation des fonctions des milieux humides. Il constitue l’une des actions du plan national en faveur des milieux humides (PNMH).

Ces protocoles doivent contribuer au rapportage pour la Direc­tive Cadre sur l’Eau et de la Directive Habitat Faune Flore. En effet, la mise en œuvre des outils de la BAO apporte une démarche pour le suivi et l’analyse de l’évolution de chaque site, et doit aussi contribuer activement à l’amélioration des connaissances à différentes échelles : territoriale, régionale, bassin versant, na­tionale, comme dans le cadre des ORB ou de l’ONB. Il est à noter que ces indicateurs sont compatibles avec ceux de la « méthode nationale d’évaluation des fonctions des zones humides » (Gayet G. & .al, 2016).

Les données récoltées devront remonter vers les banques nationales de données -ADES, DONESOL et INPN-selon des scénarios d’échange qui seront validés et publiés pro­chainement.

Ceci permettra la pérennisation des don­nées sur les milieux humides et leur utilisation pour développer des indicateurs nationaux spécifiques, tout en facilitant les échanges entre acteurs.
 

Des outils pour le suivi des milieux humides

Près de 120 personnes et 30 structures ont testé sur plus de 200 sites dans le bassin Rhône méditerranée des protocoles, des indicateurs et des méthodes d’interprétation (RhoMéO 2009-2013)

Ces outils conçus pour et par des gestionnaires d’espaces naturels avec des chercheurs, allient robustesse scientifique et opérationnalité sur le bassin Rhône-Méditerranée. Ils permettent le suivi des fonctions hydrologiques, biogéochimiques et biologiques des milieux humides et leur évaluation. Cet ensemble d’outils constitue une Boîte à Outils (BAO) pour le suivi des milieux humides applicable pour connaître l’évolution de l’état de vos milieux humides ou les effets des actions écologiques réalisées : restauration, réhabilita­tion, réaffectation, et/ou entretien sur votre site.

 

Des protocoles communs

En réponse à la nécessité d’avoir un certain nom­bre de protocoles communs pour échanger données, retours d’expériences et aussi pour permettre l’acquisition de données cohérentes et exploitables sur les milieux humides, un socle de protocoles standardisés est proposé à l’ensemble de la métropole :

  • flore : permet d’évaluer les niveaux d’engorgement, la fertilité du sol, ou la qualité floristique,
  • pédologie : renseigne sur le niveau d’humidité du sol,
  • piézométrie : indique la dynamique hydrologique de la nappe,
  • odonates : permet d’évaluer l’intégrité du peuplement d’odonates en lien avec le fonctionnement du site.
  • amphibiens : repose sur la sensibilité de ces espèces à la qualité de l’eau et de l’environnement du site.

Ces 5 protocoles constituent une base initiale, reconnue dans « le dictionnaire d’acquisition des données de pré -localisation, d’inventaire et de suivi des milieux humides » © SANDRE (sous presse), qui est appelée à évoluer dans le temps en intégrant d’autres protocoles de recueil de données.
 

© D. Greyo - FCEN 


Des indicateurs pour répondre à nos interrogations

Chaque indicateur est spécifique à une question et à une échelle donnée. Il est à la fois possible d’utiliser les indicateurs déjà existants ou de créer puis de calculer des indicateurs répondant à vos spécificités et vos besoins.

Un vocabulaire partagé

  • protocole : description détaillée des opérations à mettre en œuvre pour collecter des données et répondre à une question scientifique,
  • suivi : collecte répétée dans le temps et analyse des informations pour détecter des tendances d’évolution du milieu humide,
  • indicateur : outil d’évaluation objective d’une tendance ou d’une situation dans le temps. Il rend compte d’un contexte complexe, apporte une aide à la décision et au dialogue. L’indicateur doit être fiable (spécifique), robuste, sensible, pré­cis (mesurable), au coût adapté (acceptable), simple d’utilisation (réaliste) et rendre compte des varia­tions (temporellement défini),
  • fonction : correspond à l’ensemble des processus à l’œuvre dans l’écosystème dans ses dimensions physiques, chimiques, biologiques et spa­tiales (rétention d’eau, dénitrification par les bacté­ries, espace inondable, etc.).

Ces termes et leurs définitions se retrouvent dans le dictionnaire SANDRE, qui vise à l’interopérabilité des systèmes d’informations relatifs à l’eau, nature et paysage.

 

Des démarches en cours

Depuis 2013, l’ensemble des démarches de mise en place de suivis des milieux humides à l’échelle de bassins versants, utilisent les outils de la BAO. Plusieurs territoires mettent en œuvre ou testent d’ores et déjà ces protocoles.

  • RhoMéO : en Rhône Méditerranée le projet réalisé entre 2009 et 2013 a permis de dévelop­per des indicateurs liés à l’évaluation du fonc­tionnement des zones humides, compatibles avec la méthode nationale d’évaluation des fonc­tions des zones humides. De nouveaux outils sont aujourd’hui développés pour accompagner les ges­tionnaires notamment sur l’évaluation de travaux de restauration. http://rhomeo-bao.fr/  
  • LigérO : dans le bassin de la Loire les protocoles ont été utilisés pour développer des indicateurs de suivi de restauration et d’entretien. Ceux-ci seront mis à disposition de gestionnaires de zones humides. La BAO LigérO doit paraître dans peu de temps. http://www.ligero-zh.org/
  • SeinO : sur la base de la boîte à Outils Rho­MéO un projet a été développé pour son usage dans le bassin Seine-Normandie et un enrichisse­ment des outils. Il est actuellement en attente.http://www.seino-zh.org/  
  • Artois-Picardie : des indicateurs dével­oppés dans ce bassin sont articulés avec les protocoles issus de la BAO RhoMéO.
  • Rhin-Meuse : sur un nombre restreint de sites, les protocoles ont été testés dans différents types de zones humides de cette région.  
  • Adour-Garonne : dans ce bassin, les gestionnaires sont en attente d’un projet porteur de la démarche.

© D. Greyo - FCEN 

​Stratégie d'amélioration de l'organisation nationale des données sur les milieux humides

Le ministère en charge de l'écologie vient de publier une note sur la stratégie d'amélioration de l'organisation nationale des données sur les milieux humides.

Afin d'améliorer l'organisation des données nationales d'inventaires et de suivis des milieux humides, une stratégie nationale a été définie. Elle repose sur les trois chantiers suivants dont les détails sont présentés en annexes de la note :

  • élaboration et parution d'un référentiel "Milieux Humides" ©SANDRE,
  • mise en place de la banque nationale de données sur les milieux humides,
  • déploiement de la démarche "MhéO - Milieux humides évaluation observation" pour le suivi au niveau national.

 

Envie de vous former ?

La Fédération des Conservatoires d’espaces naturels (FCEN) et l’Agence Française pour la Biodiversité (AFB) organisent une formation sur le « Suivi de l'évolution des milieux humides pour la gestion et la restauration », dans le cadre du projet MhéO soutenu par le Ministère. Cette formation d’initiation aux Boîtes à outils (BAOs) pour le suivi des milieux humides est destinée aux personnes non-initiées.

Ses objectifs sont :

  • comprendre le cadre d’application du suivi des milieux humides,
  • connaître les protocoles terrain et indicateurs d’évaluation des milieux humides disponibles,
  • savoir organiser les données de suivi,
  • comprendre le calcul des indicateurs ainsi que les bases de l’interprétation des résultats obtenus.

Cette formation aura lieu du 14 au 17 octobre 2019 à Blois. De nombreux partenaires y interviendront : le Forum des Marais Atlantiques, les Conservatoires d'espaces naturels Centre-Val de Loire, Loir-et-Cher, Rhône-Alpes et Savoie, la Fédération des Conservatoires et l’AFB. 

Pour plus d'infos : https://bit.ly/2QK7DL8

Autres formations et ateliers entrant dans le cadre du parcours de formation des BAO pour le suivi des zones humides :